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Catalogue de livres numériques

   

Point-virgule

08/01/2015
7,99 €

En début d'année 1972, Georges Simenon met un point final àMaigret et monsieur Charles. Il ne le sait pas encore, mais il s'agit là de son dernier roman. C'est en septembre qu'il prend la décision de ne plus écrire de fiction, comme il décide de quitter sa grande maison d'Epalinges. « Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, ce fut un immense soulagement. Tout à coup, j'ai eu le sentiment de devenir moi-même. » (Un homme comme un autre) A 69 ans, il vient de prendre congé de ses personnages, de se délivrer de sa quête infinie de l'homme, de la « vérité humaine au-delà de la psychologie » qu'il avait cherchée inlassablement à travers les 75 Maigret et les 117 romans durs qu'il avait donnés en quarante ans.
Il va dès lors se consacrer à lui-même ; de 1974 à 1981, il va revisiter sa vie, son quotidien, en se confiant au magnétophone : ce seront les vingt et un volumes des « Dictées », ou il se livre dans d'incessants allers-retours entre son passé et sa vie présente. Il reprendra la plume une dernière fois pour rédiger ses monumentales Mémoires intimes, avant de se taire à jamais, oeuvre faite.
Simenon est un écrivain de la mémoire. C'est le moteur de son inspiration, mise au service d'autrui dans ses romans, et désormais de lui-même. « En ce qui concerne mon enfance, mon adolescence, et en général les années les plus lointaines, je retrouve fréquemment, sans le vouloir, à l'improviste, des souvenirs que je croyais perdus. Ils ne se présentent jamais sous une forme ordonnée. Ce sont des bouffées, des images le plus souvent colorées, des odeurs, des sons, et jusqu'à la sensation d'une certaine qualité d'air qui caresse la peau. [...] J'ai surtout la mémoire des sens, si précise que je peux me croire retourné dans telle ou telle atmosphère, et sentir encore les odeurs de l'endroit évoqué. » (Jour et nuit)
Pour autant, ses « Dictées » ne sont pas ses premiers textes autobiographiques. Durant la guerre, alors qu'il se croyait condamné à brève échéance, il avait entrepris de raconter son histoire et celle de sa famille pour son fils Marc, alors bébé, qui, croyait-il, allait grandir sans père. Une fois rassuré sur sa santé, il transformera Pedigree en roman, ne gardant qu'une première partie autobiographique qui évoquait son enfance modeste à Liège au début du siècle. Je me souviens... parut en 1945 et Simenon hésita avant d'en donner une version définitive en 1961. De la même façon, il attendra 1970 pour publier Quand j'étais vieux, une sorte de journal rédigé au début des années 1960.

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